RH, c’est quoi ? 


Arbre illustrant le rôle des RH en entreprise selon Les RH O’naturel

“Remettre l’humain au cœur de l’entreprise”. Vous avez entendu cette phrase en comité de direction, vous l’avez lue dans un plan stratégique, vous l’avez peut-être écrite vous-même. Personnellement, cette phrase suscite chez moi une certaine réserve. 

Les équipes arrivent tous les matins. Elles étaient là hier, elles seront là demain. L’humain n’a jamais quitté l’entreprise et il n’a pas besoin d’être ré-installé, car l’humain est toujours là! 

Ce que cette formule cherche à dire va plus loin que ça, et pour le comprendre e rôle des RH en entreprise,, le plus simple est de revenir plus en détails sur ce que veulent réellement dire ces deux lettres.  

  • ✅ Les RH créent les conditions pour que les individus travaillent ensemble et contribuent à la performance collective.
  • ✅ Ressources, richesse et relations : les trois dimensions essentielles des RH pour faire grandir les équipes.
  • ✅ Le rôle des RH en entreprise est de fluidifier les échanges, clarifier les rôles et remettre du mouvement là où ça bloque.
📋 Sommaire et résumé de l’article

Sommaire

    Résumé

    Pour Oriane Germain, les RH ne consistent pas simplement à gérer du personnel, mais à créer les conditions permettant aux personnes de bien travailler ensemble et de faire grandir l’organisation. Le « R » de ressources renvoie autant aux moyens donnés aux collaborateurs (temps, information, formation) qu’à la richesse de leurs parcours et surtout aux relations qui permettent à l’entreprise de fonctionner. Le « H » rappelle que les salariés sont des êtres humains, avec leur histoire, leurs émotions et leur vie personnelle, qu’ils ne peuvent pas laisser à la porte du bureau. Le rôle des RH en entreprise est donc de prendre en compte cette réalité sans chercher à la résoudre à la place des personnes, tout en donnant au collectif un cadre, des règles et des repères clairs. À travers l’image de la forêt, l’article montre que ce qui fait fonctionner une organisation se trouve aussi dans les relations et les échanges invisibles, dans la complémentarité des individus et dans les règles qui permettent leur coopération. Les RH sont ainsi présentées comme un rôle pivot qui fait circuler l’information, facilite les relations et remet du mouvement là où l’organisation se bloque, avec un objectif final : permettre aux équipes de grandir et, par conséquent, à l’entreprise de performer durablement.

    D’où vient le mot ? 

    Avant que le sigle n’existe, nous parlions de gestion du personnel, et les intitulés allaient avec. Chef du personnel. Gestionnaire du personnel. Au moins, l’intention était claire. 

    Mais derrière ces mots, une question restait en suspens. Qui est le personnel, au juste ? Le terme désigne tout le monde et personne en particulier, une masse dont nous gérons les entrées, les sorties et les plannings. 

    Puis le vocabulaire a changé et nous sommes arrivés aux ressources humaines. Le déplacement n’a rien d’anodin, parce que la façon dont une entreprise nomme les gens finit toujours par déterminer la façon dont elle les traite. 

    Le R, ce n’est pas seulement une ressource 

    La lecture la plus courante est aussi la plus évidente. R comme ressource. C’est celle qui apparaît dès qu’un comité de direction parle d’optimiser ses ressources humaines, formule dans laquelle les humains en question sont devenus une ligne que l’on ajuste. 

    Je prends ce R dans l’autre sens. Une ressource, c’est ce que l’on met à disposition des gens pour qu’ils puissent faire leur travail. Du temps, des moyens, de la formation, de l’information. L’humain n’est pas QUE la ressource, l’humain est celui à qui nous donnons la ressource. Ça peut sembler un détail, mais cela change beaucoup de choses, à commencer par ce que l’on décide et ce que l’on mesure. 

    Le R, c’est aussi la richesse, celle que chacun apporte en arrivant avec son parcours, ses compétences et sa façon particulière de regarder les problèmes. Une équipe où tout le monde pense pareil n’est pas une équipe performante, c’est une équipe confortable. C’est aussi la richesse du collectif, de la dynamique et de la synergie collective. 

    Et puis il y a le mot qui me tient le plus à cœur : relation. Le lien, la connexion, ce qui circule entre chaque être humain. Dans la plupart des organisations que j’accompagne, les compétences sont là et les moyens aussi. Ce qui manque, c’est ce qui passe entre les personnes. Une information qui ne remonte pas, deux services qui s’évitent depuis des mois, une décision qui traîne parce que personne ne veut la prendre. Alors la relation est là le plus essentiel pour remettre du lien et fluidifier le système et aussi le bien être de chacun. 

    Des êtres humains, pas des faire humains 

    Le H, tout le monde le traduit pareil. Humain. Reste à savoir ce que l’on met derrière. 

    Nous sommes des êtres humains. Pas des “faire humains”. 

    Cette distinction porte tout mon travail. Le faire, c’est ce que je produis, mes missions, mes objectifs, ce qui figure sur ma fiche de mission. L’être, c’est la façon dont j’habite ce rôle et dont je suis en relation avec les autres. Ceci fait écho à l’appropriation de ces missions en allant chercher dans tout mon être, ce qui découle de ma posture.  

    Un manager qui ne regarde que le faire s’en aperçoit toujours trop tard. Les entretiens annuels se passent bien, les objectifs sont tenus, et un jour quelqu’un se met en retrait, ou un désaccord / conflit apparaît, sans que l’on ait rien vu venir. Ce qui n’allait pas, aucun tableau de bord ne pouvait le montrer. 

    Attention, le faire compte. Nous avons chacun un rôle à jouer et des choses à produire, rien ne tombe du ciel et rien ne se fait tout seul. Une entreprise qui se contenterait d’être ne tiendrait pas un trimestre. 

    La vraie question est ailleurs, et c’est sur elle que j’accompagne les équipes.  

    Comment faire pour être ? 

    Comment faire pour être soi au travail, pour être en lien avec les autres, pour créer cette connexion sans laquelle nous ne nous comprenons pas ? Cela commence par soi, ce qui représente déjà un sacré chantier! Une fois que nous portons notre conscience sur le sujet alors le chemin est déjà bien engagé. Puis vient l’équipe, puis le collectif, puis l’organisation entière. Plus le cercle s’élargit, plus l’exercice devient exigeant.C’est un système de va et vient. 

    On ne se nettoie pas à l’arrivée 

    Cependant, si nous parlons d’êtres, alors il est nécessaire d’accepter ce qui va avec. Chacun arrive avec tout ce qu’il est. 

    Nous sommes plus complexes que ce que nous montrons en réunion. Chacun porte son histoire, parfois des choses lourdes qui remontent loin, parfois des choses héritées de sa famille. Et le passé récent pèse tout autant. Une nuit sans sommeil, une dispute au petit-déjeuner, un enfant malade, un parent qui décline, … la vie quoi! 

    Le matin, quand quelqu’un entre dans l’entreprise, dans cette équipe où il a sa place et son rôle, il vient avec tout ce bagage. Toutefois, nous ne nous nettoyons pas assez à notre arrivée. 

    C’est une évidence, et pourtant beaucoup d’organisations fonctionnent comme si le contraire était vrai.  Nous attendons des gens qu’ils laissent leur vie au vestiaire et qu’ils la reprennent le soir en sortant. Personne n’en est capable, et faire comme si produit exactement ce que l’on voulait éviter, c’est-à-dire des tensions que l’on ne s’explique pas, des réactions disproportionnées et des gens qui s’usent. 

    Le travail consiste donc à apprendre à réguler tout ça. Pas à le régler, ce n’est ni mon rôle ni celui d’un manager. À faire avec, intelligemment, pour que le collectif tienne et se développe. Et plus loin, pour la performance de l’entreprise et pour sa pérennité, parce qu’il faut bien que ça vive. 

    Ce que la forêt m’apprend sur l’entreprise 

    Quand je cherche à expliquer comment tout cela tient ensemble, je regarde la forêt. Nous avons beaucoup à y apprendre. 

    L’essentiel se passe en souterrain 

    Les arbres communiquent par le haut, avec leurs branches et leur feuillage. Mais le principal se joue en dessous, par les racines, où ils s’envoient des signaux chimiques et électriques, se préviennent d’une attaque d’insectes et se transmettent des nutriments entre voisins. 

    Toute organisation fonctionne de cette façon. Ce qui se dit en réunion compte, et ce qui circule dans les couloirs, les messageries et les conversations de fin de journée compte souvent davantage. Un dirigeant qui ne connaît que le réseau visible de son entreprise en ignore la majorité. 

    Chacun a son unicité 

    Si  vous entrez dans une forêt et que vous commencez à observer plus attentivement, vous verrez qu’il n’y a pas deux arbres identiques, des petits, des grands, des verts qui ne sont jamais tout à fait le même vert. 

    Le frêne, le chêne et le châtaignier ne grandissent pas au même rythme, ne donnent pas leurs fruits au même moment ni de la même façon, et ne se ressemblent en rien. Ils font pourtant équipe, ils grandissent et ils performent ensemble. 

    Et ils cohabitent sans que ce soit une histoire d’obligation. Ils cohabitent pour vivre. 

    C’est exactement ce que l’on demande à une équipe, et c’est exactement ce que l’on oublie dès que l’on cherche à faire entrer tout le monde dans le même moule de compétences et de comportements. 

    Il y a des règles, et elles ne se négocient pas 

    Un arbre s’hydrate par le bas, par ses racines, jamais par le haut. Si l’un d’eux décidait de faire autrement, ça ne fonctionnerait tout simplement pas. 

    Certaines essences ne peuvent pas cohabiter non plus, à cause de ce qu’elles dégagent ou de la lumière qu’elles prennent aux autres. C’est ainsi, et le forestier fait avec. 

    Ce que l’on sait moins, c’est que les arbres tiennent debout grâce aux champignons. Sous terre, ils relient les racines entre elles et font circuler l’eau et les nutriments d’un arbre à l’autre. L’essentiel de ce qui fait tenir une forêt reste invisible. 

    Une entreprise fonctionne pareil. Le cadre juridique, le cadre financier et les règles de fonctionnement servent précisément à ça, permettre aux gens de travailler ensemble sans que chacun ait à réinventer les conditions de la coopération. 

    Il existe aussi des règles non écrites, celles de l’engagement et de la responsabilité de chacun. Nous portons tous notre part de la réponse. Le tout, c’est d’aller la chercher. 

    Baliser le chemin 

    Parce que chacun est unique, il nous faut des modes d’emploi. Des balises. 

    Si le frêne ignore ce qu’il a à faire, s’il ne sait ni quel est son rôle ni ce qu’il représente par rapport au chêne et au châtaignier, il n’occupe pas sa place et c’est toute la forêt qui s’en ressent. Dans une équipe, le flou sur les rôles use plus vite que la charge de travail. 

    Chacun a son chemin. Mais dans le grand chemin de l’entreprise, chacun a besoin de repères pour que l’on avance tous dans la même direction. 

    Alors, les RH, c’est quoi ? 

    Pour moi, les RH permettent de relationner pour évoluer, et d’évoluer à la fois pour être bien et pour performer. 

    Tout le reste, ce sont des outils. Des méthodes, des actions, un cadre. Dans le vocabulaire habituel, cela donne de la gestion, du juridique, du financier, du psychologique, du social et du coaching, ce qui explique au passage pourquoi le métier se résume si mal en une phrase. 

    Le rôle RH est un rôle pivot, en constante souplesse et mouvement.  Il reçoit les informations qui viennent de partout, de la direction, des équipes, des représentants du personnel, de l’environnement externe à l’entreprise également et il les redistribue là où elles sont utiles, à l’intérieur comme vers tout ce qui entoure l’entreprise. 

    Comme un arbre, au fond. Il intègre, il digère et  il refait circuler en permanence, bref il y a toujours du mouvement. 

    Des RH O’naturel 

    Le nom de ma structure vient de là. 

    “Des” car nous œuvrons toutes et tous ensemble. Et puis le “O” comme Oriane qui représente aussi le cycle.  

    Les RH pris au naturel, sans artifice, comme la nature s’y prend depuis toujours. 

    On regarde ce qui pousse, ce qui circule et ce qui coince. Puis nous remettons du mouvement là où ça bloque. 

    Si cette vision du métier vous parle, parlons de vos équipes. Découvrez mon accompagnement pour les entreprises, ou lisez pourquoi sortir du bureau change la dynamique d’une équipe. 


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